L'écaille de nos rêves évanouis
Se taper la tête contre le marbre noir aux reflets pétrifiés par les siècles embourgeoisées
La pierre irisée de veines nacrées enfante de sauvageons révoltés qui essaiment leurs pensées crépusculaires
Un cri hagard, une dérive primitive vers l'essentiel
L'écaille de nos rêves évanouis
Démembrés dans les lits torturés des limites crasses imposées
Par tout un système de classes qui cheville les racines de nos corps
Liés, aux barreaux des normes à démantibuler pour soustraire ses enfants morts nés dans le souffle de la misère et des missiles à longue portée
S
'emporter ailleurs et jeter nos mains dans la mer agitée de notre propre réalité réinventée quand,
La croupe du monde se tord de douleurs sourdes et muettes
La cambrure de l'horizon avale le soleil qui éclairait les morts
Et creuse une fosse commune sans sépulture
Un charnier de mots tus, de mots tués
Et de corps démantelés dans le grand silence de l'occident.

“ Cache-toi guerre ! ”, 1944 (dessin, aquarelle)
Toyen (Marie Čermínová : franco-tchèque, 1902-1980)
In exposition Surréalisme, Beaubourg, 2024
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