Laves écarlates
(Séisme poétique)
La poésie est un volcan
une éruption de vie bondissante
un jaillissement de langue torturée pour mieux se rendre
une brûlure de mots emplis de sens limpides et obscurs
un élan de jouissance pulsionnel
un festin incandescent
un souffle perdu et nécessaire
l'essence de l'être malmené et vainqueur
Les sangsues du sens communicationnel éructent des mots veules et soumis en expirations soufrées de crachats pétrifiés
Nos bombes de laves écarlates percutent l'indifférence oiseuse des discours attendus et libidineux dégoulinant de racolages infertiles
Les fissures de sensations essentielles transpirent dans des particules de langues projetées à la face du tout venant, sorties droit de l'enfer intérieur du poète assoiffé d'explosions ardentes
Cette crevasse - immense - entre le vide de soi et le plein de l'humain est une épouvante à moineaux dociles, sans rage ni passion, voletant dans les divertissements dérisoires offerts par les pouvoirs mensongers qui obscurcissent la vision des possibles
Se battre est naturel et réel
Et se casser les yeux dans les flammèches des vérités rouges et sales
Les cendres de leur monde moribond sangloteront d'angoisses tremblotantes
Quand le séisme poétique soulèvera la croute de l'avidité terrestre
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