La Tarasque Malfaisante
Mi dragon mi ours, Tarasque malfaisante à la carcasse rutilante et au relent putride
Le monstre écume les floraisons grasses du printemps provençal.
Ressurgi de l'ancien temps, ce puissant fantasme s'anime au creux des vallons d'ocre, collant aux basques des touristes avides de sensations fortes arpentant les terres rouges, orangées et jaunes éclatantes qui éclaboussent de chaleur et de lumière le bleu profond du ciel des canyons vauclusiens.
Et tout ce petit peuple au portable accroché se complet comme une garce charognarde des frasques de cet être imaginaire si laid qu'il en acquiert la grâce pétillante de tous les fruits défendus à l'humain déjà pourtant si dévoyé.
Oyez, oyez, crasseuses créatures au soi disant sommet de l'évolution, voyez comme vous êtes en élaboration de ce marasme régressif, collant aux basques des plus bas instincts d'exclusion et de répression de votre prochain
Vous suivez les traces des puissants, enivrés tout entier de cet animal borgne à la grossière grimace qui dévore les plus faibles d'entre nous.
Et s'il prend racine dans ces terres du sud, il y a beau temps que Tarasque a conquis la planète entière semant misère au gré de sa force pugnace.
Nous voici donc aujourd'hui, envahit de cette répugnante chimère revêtant l'éclaboussante séduction de la politique du bouc émissaire et la bête immonde ainsi nous inonde.
Qu'il reste les frémissements d'une résistance est une évidence trop rare mais je m'y accroche des griffes et des crocs pour ne pas sombrer dans une impuissance crasse.
Et nous tous, survivants de l'abîme développons notre propre imaginaire de paix, d'amour et de poésie.