Le lac de boue est immensément grand
Ma plume y trempe et décrit des visages
Au bord des précipices qui rodent aux abords de leurs maisons
Et pourtant, nous allons, nous marchons
Chaque jour un peu plus le sillon se creuse
Et les boues gagnent du terrain
Ces sentiers de mornes habitudes
Figent l'encre de mon stylo
Le stylo dont ils ont voulu écraser le front dans la boue
Je possède un compte en banque remplis d'amours fossiles
Comme toutes les femmes du monde, j'agonise
De coups, de deuils ou de jouissance
Que votre sperme féconde la boue qui m'inonde
Et fleurissent nos vers de rage, d'amour ou de pacotille
Ça suffit
Que viennent nos printemps de lutte et d'espérance
Appétence à vivre droit, sans la boue courbée qui nous accroche au bord des tombes déjà vides
Ailleurs n'existe pas, ni demain
Juste la boue qui remplie le fuseau de mon stylo et mon coeur qui hurle et croit, tour à tour, sans savoir.
Rien, que des visages mouvants dans le noir.